Qu’est-ce que le test neuro-gustatif en kinésiologie appliquée?

La kinésiologie appliquée (KA) est une méthode d’évaluation qui permet au professionnel de la santé certifié de bonifier ses examens de base (ex. anamnèse (historique de la problématique), tests orthopédiques, examen neurologique, examen radiologique, etc.). Chaque professionnel de la santé est tenu d’utiliser la kinésiologie appliquée en respectant les limites de son champ d’expertise, ce dernier étant défini par son ordre professionnel. Par exemple, le champ d’exercice des chiropraticiens comprend le diagnostic, le traitement ainsi que la prévention des troubles neuromusculosquelettiques et des effets de ces troubles sur l’état de santé général de la personne, afin que celle-ci puisse recouvrer et maintenir une santé optimale.

La KA fait appel à plusieurs outils d’évaluation fonctionnelle tels que la posture, la démarche, l’amplitude de mouvement, la palpation statique/dynamique et le test musculaire. La KA vise à étudier les relations dynamiques entre l’aspect biomécanique (articulations, muscles, ligaments, os, cicatrices, etc.), l’aspect biochimique (alimentation, système digestif, système hormonal, etc.) et l’aspect émotionnel (stress au travail, stress à la maison, etc.) afin d’identifier les causes pouvant être à l’origine des problèmes de santé.

Plusieurs patients sont intrigués par le test neuro-gustatif en KA. Il est ici question d’observer la réaction neurologique du patient lors de la stimulation des récepteurs gustatifs par un aliment. L’objectif du chiropraticien qui utilise le test neuro-gustatif est de mieux comprendre la présence ou la récurrence de certaines problématiques neuromusculosquelettiques (ex. douleur au bas du dos, douleur à un genou, etc.). Concrètement, le clinicien évalue la réaction du système nerveux du patient lorsqu’un aliment est placé dans la bouche de ce dernier, et ce, à l’aide de différents indicateurs neuromusculosquelettiques. Les indicateurs utilisés les plus fréquents sont le test musculaire, les amplitudes de mouvement et la palpation de différentes zones de tension (ex. réflexes de Chapman, muscles, vertèbres, etc.). Ainsi, lorsqu’un aliment semble créer un stress négatif sur le système nerveux du patient, le clinicien observera entre autres : un changement lors du test musculaire, une diminution ou une asymétrie des amplitudes de mouvement et une augmentation de la douleur lors de la palpation de différentes zones de tension précises.

Il est important que plusieurs indicateurs pointent dans la même direction afin de ne pas conclure trop rapidement à une problématique lorsqu’un seul indicateur est présent. Par ailleurs, bien que la présence de nombreux indicateurs semble indiquer qu’un aliment engendre un stress sur le système nerveux du patient, cela ne nous permet pas de conclure pourquoi. En effet, il s’agit du rôle du clinicien d’essayer de comprendre ce qui peut amener ce stress sur le système nerveux et référer à d’autres professionnels au besoin (ex. médecin, nutritionniste, etc.). Il peut être proposé de retirer un aliment pour une période déterminée afin d’observer les effets sur la condition neuromusculosquelettiques du patient (ex. diminution de la douleur au bas du dos ou à un genou). Si un patient veut continuer à éviter un aliment au-delà de la période d’essai puisqu’il en ressent des effets bénéfiques, le clinicien pourrait alors lui recommander de consulter un/une nutritionniste qui pourra élaborer un plan alimentaire adéquat.

Les résultats observés en KA ne permettent pas de conclure à un diagnostic fiable à 100%, mais servent plutôt d’indication qu’un aliment semble exercer ou non un stress sur le système nerveux, et ce, au moment de l’évaluation. En effet, les résultats observés en KA sont dynamiques, c’est-à-dire qu’ils peuvent varier entre autres selon la fréquence de consommation d’un aliment ou encore à la suite de changements affectant positivement ou négativement les trois sphères de la santé du patient (biomécanique, biochimique et émotionnelle). Comme il est possible de le constater, de nombreuses variables entourent l’interprétation du test neuro-gustatif en KA. Cette complexité souligne l’importance pour le clinicien d’une compréhension globale de l’état de santé du patient qui va bien au-delà du résultat d’un simple test musculaire.

Rappelons que le diagnostic d’allergie ou d’intolérance alimentaire relève du champ d’expertise du médecin. Néanmoins, dans plusieurs cas où les résultats d’analyses sanguines s’avèrent négatifs, mais que des symptômes sont présents, le test neuro-gustatif en KA peut représenter un outil intéressant pour mieux comprendre la présence ou la récurrence de certaines problématiques neuromusculosquelettiques (ex. douleur au bas du dos, douleur à un genou, etc.).

En terminant, avant de faire appel à un professionnel certifié en KA, assurez-vous que celui-ci travaille couramment avec la ou les sphères de la santé (mécanique, chimique, émotionnelle) pour lesquelles vous désirez consulter. En effet, bien que tous possèdent théoriquement une connaissance globale des différentes composantes, plusieurs n’ont pas développé la même expertise ou le même intérêt pour certaines sphères.

Justin Jefferson-Falardeau, chiropraticien

Références :

Cuthbert S. Applied Kinesiology Essentials: The Missing Link in Health Care. Pueblo, CO: The Gangasas Press; 2013.

Walther, David, S., DC, Applied Kinesiology Synopsis, 2nd Edition, ICAK, U.S.A. Shawnee Mission, KS , ICAK-U.S.A., 2000.

Schmitt W, Leisman G: Correlation of Applied Kinesiology Muscle Testing Findings with Serum Immunoglobulin Levels for Food Allergies. International Journal of Neuroscience. 1998, 96: 237-244.

Kinésiologue et professionnel de la santé ayant une approche en kinésiologie appliquée, c’est quoi la différence?

Plusieurs patients confondent la profession de kinésiologue et le professionnel de la santé ayant une approche en kinésiologie appliquée. Ces deux appellations sont très similaires et la confusion entre les deux est fréquente. Pourtant, il s’agit de deux concepts complètement différents. En effet, le kinésiologue détient un baccalauréat en kinésiologie, alors que la kinésiologie appliquée est une méthode d’évaluation utilisée par d’autres professionnels et qui fait appel à plusieurs outils d’évaluation fonctionnelle. Les informations ci-dessous vous permettront de mieux comprendre la différence.

Tout d’abord, le kinésiologue détient un baccalauréat en kinésiologie et se définit comme un spécialiste de l’activité physique. Il «évalue la capacité physique, analyse le mouvement et prescrit des programmes d’activités physiques adaptés à des fins récréatives, de prévention et de réadaptation ou de recherche de performance de haut niveau. Également, il peut être appelé à promouvoir l’activité physique auprès de clientèles ciblées. Ce spécialiste travaille dans des équipes pluridisciplinaires dans les CSSS, les CIUSSS, les CHU et les centres médico-sportifs. Il œuvre également dans les centres de conditionnement physique, les centres communautaires et de loisirs, les clubs et les fédérations sportives, les municipalités, les entreprises privées et les organismes gouvernementaux. » (Site internet de l’Université de Montréal)

De son côté, le professionnel de la santé ayant une approche en kinésiologie appliquée utilise une méthode d’évaluation qui fait appel à plusieurs outils d’évaluation fonctionnelle tels que la posture, la démarche, l’amplitude de mouvement, la palpation statique/dynamique et le test musculaire. Le test musculaire sert d’évaluation neurologique fonctionnelle. La pratique de la kinésiologie appliquée est limitée aux professionnels de la santé habilités au diagnostic. Au Québec, les professionnels de la santé ayant droit au diagnostic sont, entre autres, les médecins, les dentistes, les chiropraticiens et les podiatres. Les kinésiologues, à titre d’exemple, ne font pas partie des professionnels de la santé ayant droit au diagnostic.

La formation en kinésiologie appliquée est donnée par des personnes diplômées du Collège International de Kinésiologie Appliquée (ICAK). L’apprentissage de la kinésiologie appliquée est complémentaire à la formation de base du professionnel de la santé. Ainsi, tous les outils utilisés en kinésiologie appliquée permettent de bonifier les examens de base du professionnel (ex. anamnèse (historique de la problématique), tests orthopédiques, examen neurologique, examen radiologique, etc.). Chaque professionnel de la santé est tenu d’utiliser la kinésiologie appliquée en respectant les limites de son champ d’expertise, ce dernier étant défini par son ordre professionnel.

En résumé, le kinésiologue est un spécialiste de l’activité physique qui évalue la capacité physique, analyse le mouvement et prescrit des programmes d’activités physiques adaptés. De son côté, le professionnel de la santé ayant une approche en kinésiologie appliquée est habilité au diagnostic et a recours à plusieurs outils d’évaluation fonctionnelle afin de bonifier ses examens de base. Ainsi, le kinésiologue ne fait pas de kinésiologie appliquée et le professionnel de la santé ayant une approche en kinésiologie appliquée n’est pas kinésiologue.

Néanmoins, mentionnons que certains professionnels de la santé ayant une approche en kinésiologie appliquée sont également kinésiologues à la base. En effet, les diplômés du programme de kinésiologie poursuivent parfois leur étude dans un autre programme de la santé (ex. Doctorat de premier cycle en chiropratique) leur permettant éventuellement de pratiquer la kinésiologie appliquée.

Justin Jefferson-Falardeau, chiropraticien

Pour plus d’informations :

www.kinesiologue.com

www.icakcanada.ca