Kinésiologie appliquée (l’application de l’étude du mouvement)

«Le corps ne ment jamais, cependant nous devons lui poser la bonne question.» Dr G. Goodheart, chiropraticien, D.C.

La kinésiologie appliquée (KA) est une méthode d’évaluation qui permet au professionnel de la santé certifié de bonifier ses examens de base. La KA fait appel à plusieurs outils d’évaluation fonctionnelle tels que la posture, la démarche, l’amplitude de mouvement, la palpation statique/dynamique et le test musculaire. La KA vise à étudier les relations dynamiques entre l’aspect biomécanique (articulations, muscles, ligaments, os, cicatrices, etc.), l’aspect biochimique (alimentation, système digestif, système hormonal, etc.) et l’aspect émotionnel (stress au travail, stress à la maison, etc.) afin d’identifier les causes pouvant être à l’origine des problèmes de santé. En effet, les symptômes ressentis sont parfois dans l’une des sphères alors que la cause peut provenir d’une autre sphère (ex. une douleur au bas du dos provoquée par des troubles digestifs). La thérapie manuelle, l’alimentation, les suppléments nutritionnels, l’acupression, l’exercice et l’éducation sont fréquemment utilisés en KA pour aider le patient à retrouver un état de santé optimale. 

La pratique de la KA est limitée aux professionnels de la santé habilités au diagnostic (ex. médecins, dentistes, chiropraticiens, podiatres). À titre d’exemple, au Québec, les kinésiologues ou encore les naturopathes ne font pas partie des professionnels de la santé ayant droit au diagnostic. Au Canada, la plupart des professionnels ayant une approche en KA sont des chiropraticiens.

L’apprentissage de la KA est complémentaire à la formation universitaire du professionnel de la santé. Ainsi, tous les outils utilisés en KA s’ajoutent aux examens de base du professionnel (ex. historique de la problématique, tests orthopédiques, examen neurologique, examen radiologique, etc.). La formation en KA est donnée par des personnes diplômées de l’International College of Applied Kinesiology (ICAK). Chaque professionnel de la santé est tenu d’utiliser la KA en respectant les limites de son champ d’expertise, ce dernier étant défini par son ordre professionnel. Par exemple, le champ d’exercice des chiropraticiens comprend le diagnostic, le traitement ainsi que la prévention des troubles neuromusculosquelettiques et des effets de ces troubles sur l’état de santé général de la personne, afin que celle-ci puisse recouvrer et maintenir une santé optimale.

Malheureusement, il n’existe pas d’organisme de surveillance entourant la pratique de la KA spécifiquement. Ainsi, plusieurs individus prétendant faire de la KA ont développé des techniques qui utilisent le test musculaire (et autres procédures connexes) d’une façon qui ne correspond pas à celle enseignée par le ICAK. Bien que le test musculaire soit un outil d’évaluation neurologique fonctionnelle important, la KA telle qu’enseignée par ICAK ne se résume pas à la seule utilisation du test musculaire. Pour être certifiés en KA, les professionnels de la santé admissibles doivent minimalement suivre le cours de base approuvé par le ICAK (100 heures) et réussir l'examen. Le titre de DIBAK (Diplomate of the International Board of Applied Kinesiology) représente le plus haut standard de certification en KA. 

En terminant, avant de faire appel à un professionnel certifié en KA, assurez-vous que celui-ci travaille couramment avec la ou les sphères de la santé (mécanique, chimique, émotionnelle) pour lesquelles vous désirez consulter. En effet, bien que tous possèdent théoriquement une connaissance globale des différentes composantes, plusieurs n’ont pas développé la même expertise ou le même intérêt pour certaines sphères.

Pour obtenir plus d'informations sur la KA, vous pouvez consulter notre section Blogue.

Liens utiles:

www.icakcanada.ca

www.icak.com

Exemples d’articles scientifiques au sujet de la kinésiologie appliquée

Conable KM, Rosner AL. A narrative review of manual muscle testing and implications for muscle testing research. J Chiropr Med. 2011;10(3):157-65.

Schmitt WH, Cuthbert SC. Common errors and clinical guidelines for manual testing: The “arm test” and other inaccurate procedures. Chiropractic & Osteopathy 2008; 16: 16.

Rosner AL, Cuthbert SC. Applied kinesiology: Distinctions in its definition and interpretation. Journal of Bodywork and Movement Therapies. 2012;16(4).

Pollard H, Lakay B, Tucker F, Watson B, Bablis P. Interexaminer reliability of the deltoid and psoas muscle test. J Manipulative Physiol Ther. 2005;28(1):52-6.

Houle S. Chiropractic management of chronic idiopathic meralgia paresthetica: a case study. Journal of Chiropractic Medicine. 2012;11(1):36-41.

Caso ML. Evaluation of Chapman's neurolymphatic reflexes via applied kinesiology: a case report of low back pain and congenital intestinal abnormality. J Manipulative Physiol Ther. 2004;27:66.

Moncayo R, Moncayo H. Evaluation of Applied Kinesiology meridian techniques by means of surface electromyography (sEMG): demonstration of the regulatory influence of antique acupuncture points. Chinese medicine. 2009;4:9.

Gin RH, Green BN. George Goodheart, Jr., D.C., and a history of applied kinesiology. Journal of manipulative and physiological therapeutics. 1997;20(5):331-7.